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PMA à l’étranger
Réglementation
PMA au Portugal : pourquoi de plus en plus de Français s'y tournent ?
Don non anonyme, ROPA légale et prix compétitifs : le Portugal a des atouts.
Le Portugal s'impose comme une alternative sérieuse à l'Espagne pour la PMA à l'étranger. Ce pays de la péninsule ibérique est une destination de plus en plus prisée pour la [procréation médicalement assistée](https://nowa.care/blog/le-guide-pma-complet-techniques-parcours-et-options), grâce à sa législation inclusive, sa proximité géographique, ses prix compétitifs et une spécificité majeure : le don non anonyme. Découvrez pourquoi de plus en plus de Français font ce choix, et si c'est la bonne option pour vous.
La législation portugaise : un cadre progressiste et inclusif
Le Portugal dispose de l'une des législations les plus ouvertes d'Europe en matière de procréation assistée. La loi n° 32/2006 sur la procréation médicalement assistée, enrichie par plusieurs révisions successives, encadre l'ensemble des techniques de PMA dans le pays.
Qui peut accéder à la PMA au Portugal ?
L'accès est ouvert aux couples hétérosexuels (mariés ou non), aux couples de femmes, et aux femmes célibataires. Aucune condition de mariage ou de PACS n'est exigée. C'est un cadre juridique résolument inclusif et transparent.
Les limites d'âge sont fixées à 50 ans pour la femme et 60 ans pour l'homme, ce qui offre une marge sensiblement plus large qu'en France (43 ans pour la ponction).
Les techniques autorisées
Le Portugal autorise un large éventail de techniques : FIV classique et FIV-ICSI (avec gamètes propres ou issus de don), insémination artificielle (IAD), don d'ovocytes et don de sperme, don d'embryons, méthode ROPA (Réception d'Ovocytes de la PArtenaire) pour les couples de femmes, DPI (Diagnostic Préimplantatoire) et PGS (Dépistage Génétique Préimplantatoire), autoconservation ovocytaire (conservation de 5 ans, renouvelable une fois), et congélation d'embryons (3 ans, renouvelable).
En revanche, la gestation pour autrui (GPA) commerciale reste interdite au Portugal.
Ce qu'il faut retenir : Le Portugal offre un cadre légal très ouvert, accessible aux femmes seules et aux couples de femmes, avec la méthode ROPA et le DPI autorisés, deux techniques non disponibles en France.
La spécificité portugaise : le don non anonyme
C'est le point qui distingue fondamentalement le Portugal de l'Espagne et de nombreux autres pays européens. Depuis une décision de la Cour constitutionnelle du 24 avril 2018, l'anonymat des donneurs de gamètes a été aboli au Portugal.
Concrètement, cela signifie que tous les donneurs (ovocytes, sperme, embryons) sont désormais non anonymes. Les enfants nés grâce à un don pourront, une fois majeurs, accéder à l'identité complète du donneur (nom, prénom). L'État portugais est légalement tenu de conserver ces informations pendant 75 ans.
Cette spécificité est un critère de choix déterminant pour de nombreuses personnes en parcours de PMA. Si vous souhaitez que votre futur enfant puisse un jour connaître ses origines biologiques, le Portugal offre un cadre juridique qui le garantit.
Ce système est comparable à ce qui existe désormais en France depuis le 31 mars 2025 (accès aux origines), mais le Portugal l'a mis en place plus tôt et dispose d'une expérience plus longue dans ce domaine.
Impact sur le nombre de donneuses
La fin de l'anonymat a initialement réduit le nombre de donneurs volontaires. Toutefois, les cliniques portugaises ont adapté leurs programmes de recrutement, et les délais d'attente restent généralement raisonnables (quelques semaines à quelques mois, selon la clinique et le phénotype recherché).
La méthode ROPA au Portugal : une option pour les couples de femmes
La méthode ROPA (Réception d'Ovocytes de la PArtenaire) est légale au Portugal, ce qui en fait une destination privilégiée pour les couples de femmes souhaitant partager biologiquement la parentalité.
Le principe est le suivant : l'une des partenaires fournit ses ovocytes (ponction ovarienne après stimulation), ceux-ci sont fécondés in vitro avec du sperme de donneur, puis l'embryon est transféré dans l'utérus de l'autre partenaire qui portera la grossesse. Ainsi, les deux femmes participent biologiquement au processus : l'une est la mère génétique, l'autre est la mère gestationnelle.
Le cadre juridique portugais garantit l'égalité des droits parentaux dès la naissance, ce qui sécurise le statut légal des deux mères.
Rappelons que la méthode ROPA est interdite en France. Les couples de femmes souhaitant y recourir doivent se tourner vers l'étranger : le Portugal, l'Espagne et la Belgique sont les destinations les plus courantes. Pour mieux comprendre pourquoi la PMA en France impose de tels délais et quelles alternatives existent, consultez notre article dédié.
Ce qu'il faut retenir : Le Portugal est l'un des rares pays européens à combiner don non anonyme et méthode ROPA légale, avec des droits parentaux égaux dès la naissance.
Les prix de la PMA au Portugal
Le Portugal se positionne dans une fourchette de prix compétitive, généralement légèrement inférieure à l'Espagne.
Pour une FIV-ICSI avec gamètes propres, comptez entre 4 200 et 5 200 € (médicaments non inclus, à prévoir environ 1 300 € supplémentaires). La culture prolongée jusqu'au stade blastocyste est parfois facturée en supplément.
Pour une FIV avec don d'ovocytes (FIV-DO), les tarifs se situent entre 5 500 et 7 600 € (médicaments de la donneuse généralement inclus). Certaines cliniques proposent des formules avec garantie de blastocystes : 2 blastocystes garantis pour environ 8 750 €, 3 blastocystes garantis pour environ 9 750 €, et 5 blastocystes garantis pour environ 13 500 €.
Pour un transfert d'embryon congelé (TEC), il faut compter environ 1 290 €.
Pour la méthode ROPA, les tarifs sont généralement proches de ceux de la FIV-ICSI, auxquels s'ajoutent les frais de don de sperme (environ 300 à 500 €).
À ces montants, ajoutez les frais de déplacement et d'hébergement. Les vols depuis la France sont généralement abordables (Lisbonne et Porto sont bien desservies), et le coût de la vie au Portugal est plus bas qu'en France.
Les cliniques de PMA au Portugal
Le Portugal dispose de plusieurs cliniques de PMA reconnues pour leur expertise et leur accueil des patientes internationales. Pour savoir comment évaluer une clinique à l'étranger et poser les bonnes questions, consultez notre guide pour choisir une clinique de PMA à l'étranger.
Ferticentro (Coimbra) est une clinique moderne dont l'équipe médicale parle six langues, dont le français. Elle propose l'ensemble des techniques de PMA et dispose de son propre laboratoire d'embryologie.
Procriar (Porto) est la seule clinique internationale dédiée à la PMA dans la région Nord du Portugal. Elle dispose de l'une des plus grandes banques d'ovocytes du pays et affiche des taux de réussite de près de 70 % pour les traitements avec don d'ovocytes. L'équipe est francophone.
D'autres cliniques réputées se trouvent à Lisbonne, comme IVI Lisboa, Cenícero et Centro Colombo. Toutes sont réglementées par l'autorité nationale de PMA (CNPMA) et rapportent leurs résultats à l'ESHRE.
Taux de réussite de la PMA au Portugal
Selon les données rapportées à l'ESHRE, les taux de grossesse au Portugal sont comparables à la moyenne européenne. Pour comprendre comment vos chances de réussite évoluent selon votre âge, consultez notre article sur vos vraies chances de réussite en FIV.
Pour la FIV avec ovocytes propres, le taux de grossesse clinique par cycle est d'environ 29 %. Pour l'ICSI, ce taux est d'environ 23 % par cycle. Pour le don d'ovocytes, les résultats sont plus élevés : 55,5 % de taux de grossesse par transfert avec ovocytes frais, 45,9 % avec ovocytes congelés, et 42,4 % avec ovocytes décongelés.
Ces taux peuvent varier d'une clinique à l'autre. Les cliniques spécialisées dans le don d'ovocytes, comme Procriar, affichent des taux pouvant atteindre 70 % en incluant les transferts d'embryons congelés issus du même cycle.
Ce qu'il faut retenir : Les taux de réussite au Portugal sont solides, en particulier pour le don d'ovocytes. Le pays combine expertise médicale et cadre juridique sécurisant.
Portugal vs Espagne : comment choisir ?
Le choix entre le Portugal et l'Espagne dépend de vos priorités.
Le Portugal est à privilégier si l'accès aux origines est important pour vous (don non anonyme depuis 2018), si vous souhaitez des prix légèrement plus accessibles, ou si vous recherchez un cadre plus intimiste avec des cliniques à taille humaine.
L'Espagne reste la référence si vous cherchez le plus grand choix de cliniques et de donneuses (pas de liste d'attente), des taux de réussite parmi les plus élevés d'Europe grâce au volume d'activité, ou l'anonymat du don (bien que celui-ci soit désormais la norme dans les deux pays pour les enfants souhaitant connaître leurs origines).
Dans les deux cas, la méthode ROPA est légale et les couples de femmes et femmes seules sont les bienvenus. Si vous avez plus de 40 ans, lisez aussi notre article sur les options PMA réalistes après 40 ans à l'étranger.
FAQ — PMA au Portugal
Faut-il parler portugais pour faire sa PMA au Portugal ?
Non. Les principales cliniques de PMA au Portugal disposent d'équipes francophones. La communication se fait en français ou en anglais tout au long du parcours.
Les délais d'attente sont-ils longs au Portugal ?
Les délais sont généralement courts : quelques semaines pour une FIV avec gamètes propres, et quelques semaines à quelques mois pour un don d'ovocytes (le délai peut être légèrement plus long qu'en Espagne en raison du don non anonyme).
La PMA au Portugal est-elle remboursée par la Sécurité sociale française ?
Oui, partiellement. Le Portugal étant membre de l'UE, vous pouvez bénéficier du dispositif de soins programmés à l'étranger (formulaire S2) après autorisation du CNSE. Le remboursement est forfaitaire, basé sur les tarifs français.
Combien de temps faut-il rester au Portugal pour une FIV ?
Généralement 2 à 3 jours suffisent pour la ponction. Le suivi de stimulation peut être réalisé en France avec votre gynécologue, en coordination avec la clinique portugaise. Pour un transfert d'embryon, une journée sur place est généralement suffisante. Pour comprendre à quoi ressemble concrètement un parcours à l'étranger, lisez notre guide sur les 6 premiers mois d'une PMA à l'étranger.
Le DPI est-il autorisé au Portugal ?
Oui. Le DPI (Diagnostic Préimplantatoire) et le PGS (Dépistage Génétique Préimplantatoire) sont autorisés au Portugal, ce qui permet de sélectionner les embryons chromosomiquement normaux avant le transfert.
Quelle est la limite d'âge pour une FIV au Portugal ?
La limite est fixée à 50 ans pour la femme et 60 ans pour l'homme, ce qui est nettement plus souple qu'en France (43 ans pour la ponction).
Le Portugal vous intéresse pour votre parcours de PMA ?
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Julie O
Spécialiste de la fertilité
Forte d'une décennie d'expérience en médecine reproductive, Julie allie expertise clinique et connaissances fondées sur les données pour aider les individus et les couples à aborder leur parcours de fertilité avec confiance.
Cet article est publié à titre informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical personnalisé. Les prix et conditions mentionnés sont indicatifs et peuvent varier selon les cliniques. Sources : loi portugaise n° 32/2006, ESHRE, CNPMA (Conseil national de PMA du Portugal). Consultez un professionnel de santé pour toute décision relative à votre parcours de PMA.





