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Vivre son parcours
PMA à l’étranger
PMA à l'étranger : à quoi ressemblent vraiment les 6 premiers mois du parcours ?
Chronique réaliste d'un parcours type, de la première consultation au transfert.
Vous venez de décider de vous lancer en PMA, mais concrètement, que va-t-il se passer dans les prochains mois ? Premiers rendez-vous, bilans de fertilité, choix de la technique, début du traitement… On vous explique mois par mois à quoi ressemblent les six premiers mois d'un parcours de PMA.
Avant de commencer : un parcours, pas une ligne droite
Chaque parcours de PMA (Procréation Médicalement Assistée) est différent. Les délais varient selon votre situation médicale, la technique envisagée, le pays choisi et la clinique. Ce que vous allez lire ici est une chronologie réaliste, basée sur les parcours les plus fréquents que nous accompagnons chez Nowa, principalement en Espagne, au Portugal et en République tchèque.
Certaines étapes prendront moins de temps que prévu. D'autres, un peu plus. L'important, c'est de savoir ce qui vous attend pour avancer sereinement.
Mois 1 — La décision et les premières recherches
Ce qui se passe
Vous avez décidé de franchir le pas. Peut-être après un long parcours en France, peut-être après avoir découvert que la PMA à l'étranger offrait des options plus adaptées à votre situation (don d'ovocytes, délais plus courts, techniques spécifiques).
Ce premier mois est celui de la recherche d'informations. Vous commencez à vous renseigner sur les pays, les cliniques, les techniques disponibles, les coûts. Vous lisez des témoignages, vous rejoignez peut-être des forums ou des groupes de soutien.
Ce que vous faites concrètement
Vous identifiez les cliniques qui correspondent à votre situation.
Vous prenez contact pour une première consultation, souvent réalisable en visioconférence depuis la France.
Vous rassemblez vos examens médicaux existants (bilans hormonaux, échographies, spermogramme si vous en avez déjà).
Ce qu'il faut savoir
La plupart des cliniques en Espagne, au Portugal et en République tchèque proposent une première consultation à distance. C'est un vrai gain de temps : pas besoin de se déplacer pour cette étape initiale. Le rendez-vous dure généralement 30 à 45 minutes. Le médecin passe en revue votre dossier, pose un premier diagnostic et vous oriente vers la technique la plus adaptée.
Le conseil Nowa : Ne restez pas seul·e face à cette étape de recherche. Les informations en ligne sont abondantes mais pas toujours fiables. Un accompagnement structuré dès le départ vous fait gagner du temps et de la sérénité.
Mois 2 — Le bilan de fertilité
Ce qui se passe
Que vous ayez déjà réalisé des examens en France ou non, la clinique à l'étranger vous demandera un bilan complet et récent. C'est une étape incontournable du parcours PMA : elle permet à l'équipe médicale de définir le protocole le plus adapté à votre situation.
Les examens habituels
Pour la femme :
Un bilan hormonal (FSH, LH, œstradiol, AMH — l'hormone antimüllérienne, qui évalue la réserve ovarienne). Cette prise de sang se fait entre le 2e et le 4e jour du cycle.
Une échographie pelvienne avec comptage des follicules antraux (CFA), réalisée au même moment du cycle.
Une hystérosalpingographie ou une hystérosonographie pour vérifier la perméabilité des trompes et l'état de la cavité utérine (selon les cas).
Des sérologies obligatoires : VIH, hépatites B et C, syphilis.
Pour l'homme :
Un spermogramme, parfois complété par un test de fragmentation de l'ADN spermatique.
Les mêmes sérologies.
Ce qu'il faut savoir
La bonne nouvelle : la grande majorité de ces examens se fait en France, dans votre laboratoire ou chez votre gynécologue habituel. Vous n'avez pas besoin de vous déplacer à l'étranger pour cette phase. La clinique vous transmet la liste précise des analyses nécessaires, et vous les réalisez près de chez vous.
Comptez deux à trois semaines pour avoir l'ensemble des résultats.
Le conseil Nowa : Vérifiez bien les dates de validité de vos examens. Les sérologies, par exemple, doivent avoir moins de trois mois au moment du transfert embryonnaire. Anticipez pour ne pas avoir à les refaire en urgence.
Mois 3 — Le plan de traitement et les démarches administratives
Ce qui se passe
Les résultats sont là. Votre médecin à la clinique les analyse, pose un diagnostic définitif et vous propose un protocole de traitement personnalisé. C'est un moment clé : vous savez désormais quelle technique sera utilisée (insémination, FIV classique, FIV-ICSI, don d'ovocytes…) et comment le traitement va se dérouler.
En parallèle, c'est le moment de lancer les démarches administratives, notamment si vous souhaitez obtenir un remboursement partiel de la Sécurité sociale.
Le protocole de traitement
Lors d'une consultation dédiée (souvent en visioconférence), le spécialiste vous explique étape par étape le traitement prévu : type de stimulation, durée estimée, médicaments, planning des rendez-vous de suivi, date prévisionnelle de déplacement à la clinique, coût global.
Vous recevez un devis détaillé et un calendrier prévisionnel. Prenez le temps de poser toutes vos questions : il n'y a jamais de question inutile à ce stade.
Les démarches administratives
Si vous envisagez une prise en charge par l'Assurance Maladie, voici le processus :
Votre gynécologue en France rédige un certificat médical détaillé justifiant le recours à une PMA à l'étranger (motif médical, délais en France, technique nécessaire).
Vous constituez un dossier de demande d'entente préalable auprès du CNSE (Centre National des Soins à l'Étranger), rattaché à la CPAM du Morbihan.
Le dossier comprend : le certificat médical, le devis de la clinique, vos documents d'identité et votre accord de consentement.
La réponse arrive sous 14 jours. En cas d'accord, vous recevez le formulaire S2 qui ouvre la prise en charge.
Ce qu'il faut savoir
Le dossier administratif prend du temps. Commencez-le dès que vous avez le devis de la clinique. Un dossier incomplet sera refusé, et vous devrez recommencer. L'accord est généralement valable un an.
Le conseil Nowa : C'est l'étape où beaucoup de couples se sentent perdus. Entre la paperasse administrative et les termes médicaux, il y a de quoi se décourager. C'est précisément là qu'un accompagnement fait la différence, pour ne rien oublier et respecter les délais.
Mois 4 — La préparation du corps et de l'esprit
Ce qui se passe
Le protocole est défini, les démarches administratives sont en cours ou validées. Ce mois est une phase de préparation : votre corps se prépare au traitement, et vous organisez la logistique du déplacement à venir.
La préparation médicale
Selon votre protocole, le médecin peut vous prescrire un traitement préparatoire. Il peut s'agir d'une contraception orale temporaire pour synchroniser votre cycle, ou d'un traitement de fond pour optimiser la qualité de l'endomètre (la muqueuse de l'utérus qui accueillera l'embryon).
Ce n'est pas encore la stimulation ovarienne : c'est la phase qui la précède. Elle dure généralement deux à quatre semaines.
La logistique
C'est aussi le moment de préparer les aspects pratiques du déplacement : billets d'avion ou de train, hébergement à proximité de la clinique, organisation professionnelle (poser des jours, anticiper une absence).
Ce qu'il faut savoir
N'oubliez pas la dimension psychologique. Un parcours de PMA est émotionnellement intense. Si vous en ressentez le besoin, c'est un bon moment pour consulter un psychologue spécialisé en fertilité, en France ou via la clinique à l'étranger, qui propose souvent ce service.
Le conseil Nowa : Préparez une liste de questions pour votre équipe médicale à l'étranger. Notez tout ce qui vous passe par la tête, même ce qui vous semble anodin. Le jour du rendez-vous, le stress peut faire oublier l'essentiel.
Mois 5 — La stimulation ovarienne
Ce qui se passe
C'est le début concret du traitement. La stimulation ovarienne est une étape centrale du parcours PMA. Son objectif : amener vos ovaires à produire plusieurs ovocytes matures au cours d'un même cycle, là où un cycle naturel n'en produit qu'un seul.
Comment ça se passe
Vous vous administrez quotidiennement des injections sous-cutanées d'hormones (principalement de la FSH, l'hormone folliculo-stimulante). Les injections se font généralement le soir, à heure fixe. C'est un geste simple, avec un stylo injecteur : votre infirmier·ère ou la clinique vous montre comment faire.
La stimulation dure en moyenne 10 à 14 jours.
Le monitorage
Pendant cette phase, votre gynécologue en France (ou la clinique à l'étranger, selon le protocole) surveille la réponse de vos ovaires grâce à des échographies régulières et des prises de sang (dosage d'œstradiol). C'est ce qu'on appelle le monitorage. Il permet d'ajuster les doses de médicaments en temps réel et de déterminer le moment optimal pour déclencher l'ovulation.
Ces rendez-vous de suivi ont lieu tous les deux à trois jours environ.
Ce qu'il faut savoir
Les effets secondaires les plus fréquents de la stimulation sont des ballonnements, une sensibilité au niveau des ovaires, de la fatigue et parfois des variations d'humeur. Ces effets sont temporaires et liés aux hormones. Si les symptômes deviennent inconfortables, parlez-en immédiatement à votre équipe médicale.
Le risque d'hyperstimulation ovarienne (une réponse excessive des ovaires) existe mais reste rare avec les protocoles actuels. Le monitorage régulier est là précisément pour le prévenir.
Le conseil Nowa : Si votre stimulation est suivie en France, vérifiez en amont que votre gynécologue et la clinique à l'étranger communiquent bien entre eux. La transmission des résultats doit être rapide et fluide, c'est essentiel pour ajuster le traitement en temps réel.
Mois 6 — La ponction, le transfert et l'attente
Ce qui se passe
Tout converge vers ce mois. Quand le monitorage indique que les follicules sont matures (généralement entre 16 et 18 mm de diamètre), le déclenchement de l'ovulation est programmé : une injection spécifique (Ovitrelle®), réalisée 36 heures avant la ponction.
C'est le moment de vous rendre à la clinique à l'étranger.
La ponction ovocytaire
La ponction a lieu au bloc opératoire, sous sédation légère ou anesthésie locale. Le geste dure 15 à 30 minutes : les ovocytes sont aspirés à travers la paroi vaginale sous contrôle échographique. C'est une procédure peu invasive. La plupart des patientes reprennent leurs activités normales sous 24 à 48 heures, avec un repos relatif recommandé.
Le même jour, le recueil de sperme est effectué (ou les paillettes du donneur sont décongelées).
La fécondation et la culture embryonnaire
Les ovocytes récoltés sont fécondés en laboratoire, soit par FIV classique (les spermatozoïdes sont mis en contact avec les ovocytes), soit par ICSI (un spermatozoïde est directement injecté dans chaque ovocyte).
Les embryons se développent ensuite en laboratoire pendant 3 à 5 jours. Au stade de blastocyste (jour 5), ils atteignent le niveau de développement optimal pour le transfert. L'équipe de biologistes sélectionne le ou les embryons de meilleure qualité. Les embryons surnuméraires viables sont congelés (vitrifiés) pour d'éventuelles tentatives ultérieures.
Le transfert embryonnaire
Le transfert est un geste simple et rapide (10 à 15 minutes) réalisé sans anesthésie. L'embryon est déposé dans l'utérus à l'aide d'un cathéter fin. Ce n'est pas douloureux, mais l'émotion est souvent intense.
Après le transfert, un traitement de soutien à base de progestérone est prescrit pour favoriser l'implantation.
L'attente bêta
Puis vient l'attente, la fameuse « attente bêta ». Environ 10 à 14 jours après le transfert, une prise de sang mesure le taux de bêta-hCG dans votre sang. C'est cette hormone qui confirme (ou non) le début d'une grossesse.
Ces jours d'attente sont souvent décrits comme les plus longs du parcours. C'est normal. Essayez de maintenir une routine, de vous entourer de personnes bienveillantes et de vous accorder de la douceur.
Ce qu'il faut savoir
Le transfert d'embryon n'est pas toujours réalisé le même jour que la ponction. Dans certains protocoles, il a lieu 5 jours après (transfert frais). Dans d'autres cas, par exemple si l'endomètre n'est pas encore réceptif ou si un test génétique préimplantatoire (PGT) est réalisé, le transfert est reporté à un cycle ultérieur (transfert d'embryon congelé, ou TEC). Cela implique un second déplacement, mais augmente les chances de succès.
Bonne nouvelle : après le transfert, vous pouvez prendre l'avion ou voyager en voiture sans risque. Le voyage n'a aucun impact sur l'implantation de l'embryon.
Le conseil Nowa : Prévoyez de rester sur place 5 à 7 jours lors du premier déplacement (pour la ponction et éventuellement le transfert frais). Si le transfert est différé, le second séjour est plus court (une journée suffit généralement).
Et après le mois 6 ?
Si le test bêta-hCG est positif, une première échographie est programmée environ 2 à 3 semaines plus tard pour confirmer la grossesse et vérifier l'implantation. La clinique vous suit généralement jusqu'à la 12e semaine, puis vous reprenez le suivi en France avec votre gynécologue ou votre sage-femme.
Si le résultat est négatif, l'équipe médicale analyse le cycle pour comprendre ce qui s'est passé et adapter le protocole. Si des embryons ont été congelés, une nouvelle tentative de transfert peut être envisagée sans avoir à repasser par la stimulation et la ponction. C'est un avantage important, tant sur le plan physique qu'émotionnel.
Un résultat négatif ne signifie pas un échec définitif. Chaque tentative apporte des informations médicales précieuses pour la suite.
Ce qu'il faut retenir
Les 6 premiers mois d'un parcours de PMA à l'étranger se décomposent schématiquement ainsi :
Mois | Étape clé | Lieu |
|---|---|---|
Mois 1 | Décision, recherches, première consultation | France (visio) |
Mois 2 | Bilan de fertilité complet | France |
Mois 3 | Plan de traitement + démarches administratives | France (visio + administratif) |
Mois 4 | Préparation médicale et logistique | France |
Mois 5 | Stimulation ovarienne + monitorage | France |
Mois 6 | Déplacement, ponction, fécondation, transfert | Clinique à l'étranger |
Ce planning est indicatif. Selon votre situation, le parcours peut être plus court (4 à 5 mois dans certains cas) ou plus long (si des examens complémentaires sont nécessaires, si le transfert est différé, ou si les démarches administratives prennent du temps).
FAQ — Vos questions fréquentes sur les premiers mois de PMA
Combien de déplacements à l'étranger faut-il prévoir ? En général, un à deux déplacements. Le premier pour la ponction (et le transfert frais, si applicable). Comptez 5 à 7 jours. Le second, si un transfert d'embryon congelé est nécessaire (une journée suffit). Toutes les autres étapes (bilan, stimulation, monitorage) se font en France.
Peut-on travailler pendant la stimulation ovarienne ? Oui, dans la majorité des cas. La stimulation n'empêche pas de travailler, même si la fatigue et les rendez-vous de monitorage demandent une certaine souplesse dans votre emploi du temps. Prévoyez des créneaux pour les prises de sang et les échographies.
Combien de temps faut-il entre la première consultation et le transfert ? En moyenne, 4 à 6 mois. Ce délai peut être plus court si vos examens sont récents et que vous n'avez pas besoin de démarches de remboursement. Il peut aussi s'allonger si un don d'ovocytes est nécessaire (temps de recherche de la donneuse).
La PMA à l'étranger est-elle remboursée ? Partiellement, sous conditions. L'Assurance Maladie peut prendre en charge une partie des soins si la technique est autorisée en France, si vous êtes dans les limites d'âge légales, et si le dossier d'entente préalable est accepté par le CNSE. Le montant remboursé correspond aux tarifs français, pas aux tarifs de la clinique à l'étranger.
Le parcours est-il différent pour les femmes seules ou les couples de femmes ? Le parcours médical est très similaire. La différence porte sur l'accès au don de sperme, qui est soumis en France à des délais d'attente longs (12 à 18 mois via les CECOS). C'est souvent l'une des raisons qui motivent le recours à une clinique à l'étranger, où l'accès aux donneurs est plus rapide.
Vous lancez votre parcours ? Vous n'avez pas à tout gérer seul·e.
Choisir la bonne clinique en Espagne, au Portugal ou en République tchèque, comprendre les protocoles, monter le dossier de remboursement, coordonner le suivi entre votre gynécologue en France et l'équipe à l'étranger… Un parcours de PMA à l'étranger, c'est beaucoup de décisions à prendre, souvent dans un contexte émotionnel intense.
Commencez par l'essentiel : recevez gratuitement une recommandation de clinique personnalisée, adaptée à votre profil médical, votre situation et votre budget.
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Julie O
Spécialiste de la fertilité
Forte d'une décennie d'expérience en médecine reproductive, Julie allie expertise clinique et connaissances fondées sur les données pour aider les individus et les couples à aborder leur parcours de fertilité avec confiance.
Cet article est publié à titre informatif et ne remplace en aucun cas un avis médical personnalisé. Chaque situation est unique : nous vous recommandons de consulter un professionnel de santé spécialisé en médecine de la reproduction avant toute décision. Sources : ESHRE, SEF, Agence de la biomédecine.





