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Santé reproductive
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Spermogramme anormal : comment l’interpréter et quoi faire ensuite ?
Un seul mauvais résultat ne signifie pas infertilité. Avant de s'inquiéter, voici comment lire les chiffres, pourquoi les refaire, et quoi faire concrètement ensuite.
Un résultat de spermogramme en dehors des normes fait souvent l'effet d'un coup de massue. Avant de s'alerter, ou de minimiser, voici comment lire ce résultat avec recul : pourquoi un seul test ne suffit presque jamais à conclure, et quelles sont les étapes concrètes à suivre selon ce qu'on a trouvé.
Spermogramme anormal : comment l'interpréter calmement et quoi faire ensuite ?Recevoir un résultat de spermogramme en dehors des normes est souvent un choc. Et le réflexe immédiat : chercher sur internet ce que signifie "oligospermie" ou "asthénospermie" qui amplifie souvent l'inquiétude sans vraiment aider. Ce guide vous explique comment lire ce résultat avec recul, pourquoi un seul test ne suffit presque jamais à conclure, et surtout quelles sont les étapes concrètes à suivre selon ce qui a été trouvé.
Avant tout : replacer le spermogramme dans son contexte
Le spermogramme est le premier examen demandé pour explorer la fertilité masculine. Mais c'est aussi l'un des examens biologiques les plus variables qui existent. Contrairement à une glycémie ou un taux de cholestérol, qui varient peu d'un mois à l'autre, la qualité du sperme peut fluctuer considérablement, parfois du simple au double, selon ce que l'homme a vécu dans les 2 à 3 mois précédents.
Pourquoi 2 à 3 mois ? Parce que c'est le temps qu'il faut pour produire un nouveau cycle complet de spermatozoïdes (74 jours exactement). Chaque évènement de cette période (une fièvre, une semaine de stress intense, un excès d'alcool, un manque de sommeil prolongé, une chaleur excessive) peut laisser une trace sur le résultat du test.
Cela signifie qu'un mauvais spermogramme à un instant T n'est pas nécessairement représentatif de la fertilité réelle d'un homme. Et c'est pour cette raison que les recommandations médicales sont claires : deux analyses à 2-3 mois d'intervalle, dans des conditions similaires, avant de tirer la moindre conclusion.
Ce que mesure le spermogramme et ce que ça signifie vraiment
Le spermogramme évalue plusieurs paramètres. Voici comment les lire, avec les valeurs de référence OMS 2021 et surtout ce qu'elles signifient en pratique.
La concentration (ou numération)
C'est le nombre de spermatozoïdes par millilitre de sperme. La valeur de référence est ≥ 16 millions/ml, pour une numération totale dans l'éjaculat d'au moins 39 millions.
Si votre résultat indique 10 millions/ml, cela ne signifie pas qu'une grossesse est impossible. Ça signifie que la réserve est en dessous de la moyenne statistique, ce qui peut nécessiter une aide médicale, mais laisse encore de nombreuses options ouvertes. En dessous de 1 million/ml, on parle de cryptozoospermie, et l'absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat s'appelle azoospermie, deux situations qui demandent un bilan approfondi, mais pour lesquelles des solutions existent.
La mobilité
Un spermatozoïde doit être capable de "nager" jusqu'à l'ovocyte : c'est l'objet de ce paramètre. On distingue :
La mobilité progressive (PR) : les spermatozoïdes qui avancent en ligne droite ou en large courbe (référence ≥ 30 %).
La mobilité totale (PR + NP) : inclut les mouvements sur place (référence ≥ 42 %).
La mobilité est souvent le paramètre le plus sensible aux perturbations extérieures. Un homme qui a eu 40° de fièvre il y a 6 semaines peut présenter une asthénospermie (mobilité insuffisante) qui disparaîtra complètement 3 mois plus tard. C'est l'une des premières choses à vérifier quand un résultat surprend.
La morphologie
C'est le paramètre qui déroute le plus parce que la norme semble très basse : ≥ 4 % de formes normales (selon les critères stricts de Kruger). Autrement dit, il est normal et acceptable que 96 % des spermatozoïdes soient morphologiquement anormaux.
Cette norme surprend, mais elle reflète la réalité biologique : la nature produit du sperme "en quantité", avec une grande variabilité de formes, parce qu'il suffit d'un seul spermatozoïde parfaitement fonctionnel pour féconder un ovocyte. En dessous de 4 % de formes normales, on parle de tératospermie : un paramètre souvent associé à d'autres anomalies mais rarement isolé.
Lire les paramètres ensemble, pas séparément
C'est le point que les résultats papier ne facilitent pas : les trois paramètres principaux (concentration, mobilité, morphologie) interagissent entre eux. Un homme avec une concentration dans les normes basses mais une excellente mobilité a souvent un pronostic bien meilleur qu'un homme avec une concentration normale mais une très faible mobilité progressive.
C'est pour cette raison qu'interpréter seul un spermogramme, en regardant chaque ligne indépendamment, peut conduire à des conclusions erronées. L'œil d'un médecin spécialisé (urologue-andrologue ou spécialiste de la fertilité) est indispensable pour une lecture globale et contextuelle.
Les facteurs qui dégradent temporairement les résultats
Avant de s'inquiéter d'un résultat anormal, passez en revue ce qui s'est passé dans les 3 mois précédant le test :
Fièvre ou infection : même un rhume banal accompagné de fièvre peut suffire à dégrader significativement la qualité du sperme. L'impact est visible sur le résultat 4 à 12 semaines après l'épisode, selon l'intensité de la fièvre.
Stress important : un stress chronique ou un pic de stress intense (surmenage professionnel, événement de vie difficile) a un effet documenté sur la mobilité et la concentration.
Chaleur excessive : les testicules fonctionnent mieux à une température légèrement inférieure à celle du corps (d'où leur position externe). Bains chauds fréquents, sauna, ordinateur posé sur les genoux, siège chauffant, vêtements trop serrés : tous ces facteurs peuvent temporairement dégrader la qualité.
Alcool et tabac : leur consommation régulière dans les semaines précédant le test a un impact mesurable sur la morphologie et la mobilité.
Délai d'abstinence incorrect : le test doit être précédé de 2 à 5 jours d'abstinence sexuelle. En dessous de 2 jours, la concentration peut être artificiellement basse. Au-delà de 5 jours, la proportion de spermatozoïdes vieillis et peu mobiles augmente.
Ce qu'il faut retenir : un résultat anormal isolé est souvent transitoire. Avant de tirer des conclusions, vérifiez les conditions du test et les 3 mois qui l'ont précédé.
Pourquoi faire plusieurs tests, et comment bien les interpréter
La règle des deux tests n'est pas une précaution bureaucratique, elle est médicalement fondée. Des études ont montré que chez des hommes présentant un premier spermogramme anormal, 30 à 40 % d'entre eux avaient un second résultat dans les normes deux mois plus tard, sans aucune intervention.
Pour que la comparaison soit valide, les deux tests doivent être réalisés :
Dans le même laboratoire, avec les mêmes techniques d'analyse
Avec le même délai d'abstinence (notez-le précisément)
Dans des conditions de vie similaires : si vous étiez en période de stress intense lors du premier test, attendez une période plus calme pour le second
Si les deux résultats sont cohérents et anormaux, là seulement il est pertinent d'approfondir.
Quoi faire concrètement selon ce qu'on a trouvé
Si un seul paramètre est légèrement en dessous des normes
Pas de panique. Refaites le test dans 2-3 mois en optimisant les conditions (abstinence correcte, période de vie calme, pas de fièvre récente). En parallèle, des ajustements du mode de vie et des compléments alimentaires peuvent avoir un impact positif sur le prochain cycle de production.
Si plusieurs paramètres sont anormaux, ou si un paramètre est très en dessous des normes
Consultez un urologue-andrologue : c'est le spécialiste de la fertilité masculine. Parmi les causes fréquentes et traitables explorées lors de ce bilan, la varicocèle mérite une attention particulière. Il s'agit d'une dilatation anormale des veines du cordon spermatique, comparable à des varices, qui augmente la température locale des testicules et peut dégrader la qualité du sperme sur tous les paramètres. Elle se détecte à l'échographie et concerne environ 15 % des hommes en population générale, mais jusqu'à 35 à 40 % des hommes présentant un premier spermogramme anormal. La bonne nouvelle : elle est traitable chirurgicalement ou par radiologie interventionnelle, avec des résultats documentés sur la qualité spermatique dans les mois qui suivent. Il complétera le bilan avec :
Un dosage hormonal (FSH, LH, testostérone, prolactine) pour chercher une cause hormonale
Une échographie testiculaire pour visualiser d'éventuelles anomalies anatomiques (varicocèle notamment, des varices au niveau des testicules, cause fréquente et traitable d'infertilité masculine)
Un caryotype si l'anomalie est sévère, pour rechercher une cause génétique
Si la morphologie seule est anormale (tératospermie isolée)
C'est souvent le diagnostic le plus angoissant à lire, et le moins alarmant en réalité. Une tératospermie isolée, même importante, est rarement un obstacle à la conception avec les techniques actuelles. L'ICSI (injection d'un spermatozoïde directement dans l'ovocyte) contourne ce paramètre presque complètement. Le pronostic est généralement bon.
Si le spermogramme révèle une azoospermie
L'absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat est un diagnostic qui mérite une attention particulière, mais ce n'est pas une impasse. Il existe deux types d'azoospermie : obstructive (les spermatozoïdes sont produits mais ne peuvent pas être évacués) et sécrétoire (la production est insuffisante). Dans le premier cas, une extraction chirurgicale (TESA, MESA) permet souvent de récupérer des spermatozoïdes directement dans les testicules ou l'épididyme. Dans le second, un bilan génétique et hormonal précisera les options. Si vous envisagez une prise en charge à l'étranger, voici comment choisir une clinique adaptée à votre situation.
Le test de fragmentation de l'ADN : quand y penser ?
Le spermogramme classique évalue la quantité et la forme des spermatozoïdes, mais pas la qualité de leur matériel génétique. Or, des spermatozoïdes peuvent avoir l'air normaux en spermogramme mais porter des dommages importants dans leur ADN.
On parle de fragmentation de l'ADN spermatique. C'est un paramètre à explorer en priorité dans deux situations :
Des fausses couches répétées sans explication côté maternel
Des échecs d'implantation répétés en FIV malgré de bons embryons
Ce test n'est pas systématique, il est ciblé. Si votre médecin ne l'a pas proposé et que vous êtes dans l'une de ces situations, n'hésitez pas à en faire la demande.
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Questions fréquentes
Mon spermogramme est dans les normes mais on n'arrive pas à concevoir. Est-ce que ça peut quand même venir de mon côté ?
Oui. Un spermogramme normal évalue la quantité et la morphologie des spermatozoïdes, pas leur capacité réelle de fécondation ni l'intégrité de leur ADN. Une fragmentation élevée de l'ADN spermatique, des anticorps anti-spermatozoïdes, ou des anomalies génétiques non visibles au spermogramme peuvent être en cause. Après 12 mois d'essais infructueux (6 mois si vous avez plus de 35 ans), un bilan approfondi des deux partenaires est justifié.
Le spermogramme peut-il vraiment s'améliorer sans traitement médical ?
Oui, c'est fréquent, et c'est précisément pour cette raison que les spécialistes insistent sur le second test. Des modifications du mode de vie (arrêt du tabac, réduction de l'alcool, compléments antioxydants comme la vitamine C, E, le zinc et la coenzyme Q10, évitement de la chaleur) peuvent avoir un impact mesurable sur le cycle de production suivant, soit en 2-3 mois. Ce n'est pas garanti, et ça ne remplace pas un avis médical, mais c'est un levier réel.
Faut-il vraiment attendre 2-3 mois entre deux spermogrammes ?
C'est la recommandation idéale, parce que c'est le temps d'un cycle complet de spermatogénèse. Mais si votre médecin ou biologiste juge utile de refaire le test plus tôt (notamment pour vérifier une cause transitoire suspectée), le délai peut être raccourci. Fiez-vous à l'avis de votre spécialiste selon votre contexte.
Si mon partenaire a un mauvais spermogramme, doit-on forcément faire une FIV ?
Pas nécessairement. En cas d'anomalie légère à modérée, une insémination intra-utérine (IUI) peut être proposée en première intention, c'est une technique moins lourde qu'une FIV. L'orientation vers la FIV avec ICSI est indiquée en cas d'anomalie plus sévère, d'échecs d'IUI, ou si des facteurs féminins justifient directement la FIV. Votre médecin déterminera le traitement le plus adapté après analyse globale du dossier des deux partenaires.
Où faire un spermogramme en France et combien ça coûte ?
Sur prescription de votre médecin traitant, gynécologue ou urologue, dans un laboratoire d'analyses médicales agréé ou un CECOS. Le résultat est disponible en 48 à 72h. L'examen est remboursé par la Sécurité sociale sur prescription médicale. Pensez à préciser au laboratoire que vous souhaitez un spermogramme complet avec spermocytogramme (analyse de la morphologie).
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Les informations contenues dans cet article sont à titre informatif et ne constituent pas un avis médical. Les valeurs de référence citées sont issues des critères OMS 2021 et peuvent être interprétées différemment selon les laboratoires. Consultez un professionnel de santé pour toute question relative à votre situation personnelle.







