La FIV avec PGT-A, en bref
0€ de remboursement par l'Assurance Maladie pour un PGT-A, y compris lorsqu'il s'intègre à un parcours par ailleurs pris en charge
Sources :
ASRM (2024), ESHRE, Légifrance, Agence de la biomédecine
Qu'est-ce qu'une FIV avec PGT-A ?
Le PGT-A (Preimplantation Genetic Testing for Aneuploidy) est une analyse génétique réalisée sur les embryons obtenus par FIV, avant leur transfert dans l'utérus. Elle recherche les anomalies du nombre de chromosomes, appelées aneuploïdies.
Quelques cellules sont prélevées sur le trophectoderme de l'embryon, la couche externe qui deviendra le placenta, au stade blastocyste, généralement 5 à 6 jours après la fécondation. L'embryon est ensuite vitrifié pendant que les cellules prélevées sont analysées en laboratoire de génétique, avec un résultat disponible en 1 à 3 semaines.
PGT-A, PGT-M, PGT-SR : quelle différence ? Le terme "DPI" est souvent utilisé pour désigner tous les tests réalisés sur un embryon avant transfert. Ils ne recherchent pourtant pas la même chose. Le PGT-A recherche des anomalies du nombre de chromosomes. Le PGT-M recherche une maladie génétique précise, déjà identifiée chez l'un des parents. Le PGT-SR détecte des anomalies chromosomiques structurelles, comme les translocations, chez des parents porteurs d'un réarrangement équilibré sans le savoir.
Ce que ça veut dire
Un antécédent de translocation chromosomique chez l'un des parents relève typiquement d'un PGT-SR, pas d'un PGT-A. Les trois techniques répondent à des questions différentes et ne s'appliquent pas aux mêmes situations.
Une fois les résultats connus, les embryons sont classés euploïdes (nombre de chromosomes attendu), aneuploïdes (anomalie détectée) ou mosaïques (l'échantillon analysé présente un mélange de cellules aux profils chromosomiques différents). Certaines cliniques acceptent, au cas par cas, le transfert d'embryons mosaïques à faible taux d'anomalie lorsqu'aucun embryon euploïde n'est disponible.
Est-ce que le PGT-A est dangereux pour l’embryon ?
La biopsie du trophectoderme consiste généralement à prélever quelques cellules sur la couche externe d’un blastocyste, qui donnera principalement naissance au placenta, et non sur la masse cellulaire interne à l’origine du fœtus. Cette technique est considérée comme moins invasive que les anciennes biopsies réalisées au stade clivé, à J3.
Les données actuelles sont globalement rassurantes : la majorité des études ne montrent pas de différence nette sur les issues néonatales ou obstétricales entre les grossesses issues d’embryons biopsiés et celles issues d’embryons non biopsiés. Une méta-analyse publiée dans l’American Journal of Obstetrics & Gynecology n’a pas retrouvé d’augmentation claire du risque de complications obstétricales ou néonatales après biopsie du trophectoderme, même si les auteurs soulignent que les preuves reposent encore largement sur des études observationnelles.
Certaines études individuelles ont toutefois rapporté une association avec un risque plus élevé d’hypertension gestationnelle ou d’anomalies du cordon ombilical, sans différence significative sur la plupart des autres complications obstétricales ou néonatales. Ces résultats ne permettent pas d’établir un lien de causalité certain et restent à confirmer.
L’ASRM résume donc la situation de manière prudente : la plupart des données disponibles ne montrent pas d’effet négatif du PGT sur les issues obstétricales, néonatales ou de l’enfance, mais certaines incertitudes persistent et justifient de continuer à suivre ces grossesses dans le temps.
Ce qu’il faut retenir
La biopsie du trophectoderme ne prélève pas les cellules qui formeront directement le fœtus et les données disponibles sont globalement rassurantes. Certaines études ont toutefois signalé des associations avec quelques complications obstétricales, sans consensus sur un effet causal. Le geste doit donc être réalisé dans un laboratoire expérimenté et ne doit pas être présenté comme totalement dépourvu de risque.
Le PGT-A augmente-t-il vraiment les chances de réussite d'une FIV ?
Pas systématiquement, et c'est un point essentiel à comprendre avant d'envisager cette analyse. Le PGT-A ne crée pas davantage d'embryons euploïdes et n'améliore pas leur qualité : il apporte une information sur leur statut chromosomique, pour décider lesquels transférer en priorité.
L'essai randomisé STAR, l'un des plus cités sur le sujet, a comparé le taux de naissance vivante en intention de traiter entre un groupe avec PGT-A et un groupe sans, chez des femmes de 25 à 40 ans disposant d'un blastocyste : les résultats se sont révélés similaires entre les deux groupes. Sur cette base, l'ASRM (American Society for Reproductive Medicine) a publié en 2024 un avis indiquant que l'intérêt du PGT-A comme dépistage systématique pour toutes les patientes en FIV n'est pas démontré, et déconseille notamment son usage systématique en cas de don d'ovocytes ou d'âge paternel avancé.
Point de vigilance
Un taux d'implantation élevé "par transfert d'embryon euploïde" ne signifie pas un taux de réussite plus élevé "par cycle commencé". Seules les patientes ayant obtenu un embryon euploïde arrivent à ce transfert : comparer les deux indicateurs sans le préciser peut donner une image trompeuse.
Le PGT-A peut malgré tout avoir un intérêt réel dans certaines situations, à condition de ne pas en faire une indication automatique. Après 38-40 ans, la question est plus souvent discutée, mais l'âge ne suffit pas à décider : le nombre d'embryons obtenus et la réserve ovarienne comptent tout autant. Après plusieurs échecs d'implantation, le PGT-A peut faire partie des options envisagées lorsque le risque d'aneuploïdie est élevé, mais un échec répété ne prouve pas à lui seul que les embryons sont en cause : d'autres facteurs utérins ou médicaux doivent être examinés. Après plusieurs fausses couches sans cause identifiée, la question peut également se poser, les anomalies chromosomiques embryonnaires expliquant une part importante des fausses couches précoces.
Autre situation à anticiper : il est possible qu'aucun embryon euploïde ne soit identifié à l'issue de l'analyse, en particulier lorsque peu de blastocystes ont pu être biopsiés ou lorsque l'âge ovocytaire augmente. Ce résultat n'est pas rare et doit être discuté avant de démarrer l'analyse, pas découvert après coup.
Le PGT-A est-il autorisé en France, et où le réaliser à l'étranger ?
En France, le diagnostic préimplantatoire est encadré par l'article L.2131-4 du Code de la santé publique. Il n'est autorisé qu'à titre exceptionnel, lorsqu'un couple ou une femme non mariée présente une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité, préalablement identifiée chez l'un des parents, avec validation par un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal. Le PGT-A réalisé pour dépister les aneuploïdies en dehors de ce cadre n'entre pas dans ces conditions et n'est pas autorisé en France.
Plusieurs pays européens autorisent le PGT-A dans un cadre légal clair :
Pays | PGT-A : fourchette observée* | Cadre |
|---|---|---|
Espagne | ≈ 2 000 à 4 000 € en complément d’une FIV, selon le nombre d’embryons et ce qui est inclus | Cadre assez souple, avec une pratique très répandue dans les grandes cliniques de PMA. |
République tchèque | ≈ 1 500 à 2 500 € selon le nombre d’embryons et le modèle tarifaire | Accessible en pratique dans les cliniques de PMA ; les tarifs sont souvent plus bas qu'en Espagne. |
Portugal | ≈ 1 800 à 3 000 € en complément d’une FIV, selon le nombre d’embryons | PGT-A autorisé mais encadré par le CNPMA. Depuis 2024, il peut être réalisé sans autorisation préalable chez les femmes de 37 ans ou plus ; d’autres indications précises existent chez les femmes plus jeunes. |
France | Non proposé en routine | Le DPI est réservé aux indications prévues par l’article L.2131-4 du Code de la santé publique ; le dépistage courant des aneuploïdies par PGT-A ne fait pas partie du cadre français actuel. |
*Fourchettes observées dans les cliniques européennes, 2026. Le prix dépend du nombre d’embryons analysés, de la biopsie, de l’analyse génétique et de ce qui est inclus dans le forfait de FIV.
Point de vigilance
Le PGT-A n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie française. Sa présence dans un protocole réalisé à l'étranger peut également avoir des conséquences sur la prise en charge du reste du parcours. Si vous envisagez une demande de remboursement de soins transfrontaliers, ce point doit être vérifié auprès du CNSE avant de commencer le traitement.
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PGT-A, DPI et DPI-A : quelle différence ?
Le PGT-A est-il autorisé en France ?
Combien coûte une FIV avec PGT-A à l'étranger ?
Le PGT-A augmente-t-il vraiment les chances de réussite d'une FIV ?
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